Hakase no aishita suushiki

Une jeune mère célibataire, Kyoko, est engagée comme femme de ménage par la belle-soeur d’un professeur de mathématiques. Celui-ci vit reclu chez lui depuis un accident qui lui a coûté sa mémoire à court terme… Loin d’être découragée par cela, Kyoko va vite s’attacher au professeur dont l’enthousiasme et la passion pour les nombres sont touchants et communicatifs …
Par le réalisateur du film posthume de Kurosawa Akira, Après la pluie …Comment peut-on développer une amitié avec une personne qui ne se souvient de rien plus de quatre-vingt minutes, pour qui le temps s’est comme figé après un accident dix ans auparavant ? Un destin scellé par un nombre inflexible, qui est rappellé chaque jour au professeur par des notes épinglées sur sa veste ( tout comme Léonard, dans Memento de Christopher Nolan, affligé de la même maladie ). Chaque jour est comme un retour en arrière, si ce n’est ces dates inscrites à la craie qui changent sur le tableau parsemé d’équations. Chaque jour, Kyoko se doit de se présenter à nouveau à son employeur, qui lui pose toujours la même question.
Avec joie de vivre et perséverance, la jeune femme découvre peu à peu que les nombres sont plus que ce qu’ils semblent être, mystérieux, nobles, infinis, liés entre eux par la main de Dieu.

Le professeur et Kyoko

Très vite, elle va passer de plus en plus de temps chez le professeur. Celui-ci, apprenant qu’elle elève un enfant seul, va la prier de le faire venir. Le petit garçon et le professeur vont se découvrir une passion commune pour le base-ball et l’apprentissage du sport à l’équipe de l’école du jeune fan des Tigers va permettre au professeur de donner un nouveau sens à sa vie. C’est ainsi que va se créer une étroite amitié entre les trois protagonistes, sans cesse renouvelée par le professeur, parfois éprouvante mais néanmoins véritable.

RootRoot, narrateur de l’histoire

L’histoire est narrée vingt ans plus tard par le fils de Kyoko, surnommé Root ( racine carrée ) par le professeur à cause de sa tête « plate ». Devenu lui-même enseignant en mathématiques, le jeune homme explique à ses élèves comment le professeur amnésique a su lui donner la passion des nombres, en entrecoupant son récit d’anecdotes sur telle ou telle découverte mathématique, parlant des chiffres en des termes qui les rendraient presque attachants, même pour bon nombre d’entre nous qui gardent de mauvais souvenirs des cours de mathématiques.

Ce film, une ode aux nombres ? Cela serait très réducteur, les nombres sont comme la boxe l’était pour Million Dollar Baby, le fil qui permet aux personnes de se rapprocher, mais l’histoire qui se tisse est celle d’un homme blessé qui va apprendre à accepter son handicap avec l’aide et la patience d’une femme et son enfant. Un petit moment de douceur teintée d’une charmante philosophie sur les nombres, dans le cadre luxuriant et paisible de la campagne japonaise.

Quel mystère se cache derrière les nombres ? Ils sont une porte vers l’infini et sont beaux car inutiles selon le professeur. Une manière de voir les choses qui semble ancrée dans la culture japonaise. Tout comme l’ode au thé est le culte de l’inutile et du superflu, mais surtout de l’instant présent. Le film présente d’ailleurs une très jolie citation du poète William Blake à ce sujet, que je tente de traduire  ci-dessous :

« Voir le monde dans un grain de sable,
Et le ciel en une fleur sauvage,
Garder l’infini dans la paume de ta main,
Et l’éternité en une heure. »

Ma note ♥♥♥

  • Un film très touchant et à la trame originale, avec un regard étonnant sur les nombres.
  • Un fin avec des passages un peu décousus, néanmoins.

Fiche technique

Titre original : 博士の愛した数式 Hakase no Aishita Suushiki, The professor’s beloved equation (L’équation adorée du professeur)
Réalisation : Takashi Koizumi
Année: 2006
Genre : Drame
Avec : Terao Akira (le professeur), Eri Fukatsu (Kyoko), Hidetaka Yoshioka (Root adulte), Takanari Saito (Root enfant), Ruriko Asaoka (la belle-soeur)

Posté dans cinéma, japon.

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