Kids on the slope : Japon, sixties & jazz

Après les re-visionnages de Cowboy Bebop (1998) et de Samurai Champloo (2004), deux perles d’animation japonaise réalisées par Shin’ichirô Watanabe, je me suis mise en quête d’autres productions du Sensei. Ah tiens, Kids on the Slope, avec en prime, pour la bande son, la pétillante Yoko Kanno (membre du collectif de jazz The seatbelts, compositrice de la bande originale de Cowboy Bebop, entre autres).

L’histoire : des lycéens qui jouent du jazz dans le Japon en mutation des années 60 et leurs intrigues amoureuses. Bon, il n’y a que douze épisodes mais ça m’a l’air sympa ! C’est parti, Kids on the slope, des gosses sur la pente ou en japonais 坂道のアポロン, Sakamichi no Apollon (Apollon sur la pente). 
Ça n’est pas scénarisé par l’ami Watanabe, c’est tiré d’un manga en 9 volumes de Yuki Kodama. 12 épisodes pour 9 volumes, c’est peu, mais bon. C’est très prometteur.

Kaoru, notre pianiste

Dans le premier épisode, Kaoru Nishimi débarque dans un lycée de Kyûshû. Habitué à déménager, il n’en reste pas moins fragile et dépaysé.

Sentarô joue de la batterie

Sujet à des crises d’angoisses, Kaoru n’y a trouvé qu’un seul remède : respirer de l’air frais sur le toit. Seulement, sur le toit, il y a déjà quelqu’un, Sentarô Kawabuchi. Un peu à l’antipode de Kaoru, celui-ci a tendance à sécher les cours et à se battre. Cela n’empêche que les deux compères se rapprochent, en se rendant compte qu’ils ont en commun l’amour de la musique. Sentarô, batteur, n’en a que pour le jazz, genre qui commence à être dépassé en ce milieu des années 60 au profit des groupes de pop/rock. Kaoru, en fils de bonne famille, a reçu une instruction de musique classique. Mis au défi par Sentarô, il se met au jazz en achetant dans la boutique de vinyles qui sera le lieu de leurs répétitions.

Jam session

On trépigne déjà d’impatience, l’animation est fluide et hourra! Quand les personnages jouent, ils posent leurs doigts, mains et pieds correctement sur les instruments (c’est d’ailleurs Yoko Kanno qui « joue » les mains de Kaoru). Un souci du détail assez rare qui mérite d’être mentionné.
Au fur et à mesure des épisodes s’ajoutent des personnages. En voyant le générique je pensais que les demoiselles joueraient elles aussi d’un instrument ou pousseraient la chansonnette, que nenni.Par contre,  de temps à autre, Tsutomu, le propriétaire du magasin, les accompagne à la contrebasse, et l’énigmatique Junichi à la trompette.

Hélas, pour moi, le jazz est parfois oublié au détriment des histoires d’amour de nos jeunes protagonistes. On n’en attendait pas moins : l’histoire se passe au lycée.

C’est qui qu’aime qui ?

Seulement, mignonnes au début, les intrigues amoureuses finissent par agacer, voire étouffent l’histoire. Il y a vite un « triangle » amoureux entre Kaoru, Sentarô et la jolie déléguée de classe, également fille de Tsutomu, Ritsuko. Enfin, c’est le point de vue des personnages, qui vont de malentendus en malentendus alors que le spectateur sait du début. On pense que cela va donc se résoudre assez vite, mais non, tout tourne en eau de boudin.
Même chose avec l’apparition de Yurika, un autre triangle amoureux se crée, et il ne sert aussi qu’à détourner nos musiciens de leurs instruments, créant conflits parfois stériles, mais surtout répétitifs ! Les personnages semblent complètement bouchés et sur-émotifs, à la limite du crédible…
On assiste pas vraiment à leur évolution, ils sont quasiment instantanément doués et synchrones en musique, par contre, ce qu’ils pataugent en amour !

Il y a donc pour moins un énorme gâchis de potentiel, surtout dans les derniers épisodes, où le jazz est relégué au second plan, sans pour autant que la plupart de ces intrigues soient réglées, et puis finalement, l’épilogue qui se détache totalement du reste n’est pas trop mauvais, mais il semble facile et bâclé.

Kids on the Slope reste une création originale et de qualité, de par son animation méticuleuse et sa bande-son géniale. On notera que chaque épisode porte le nom d’un morceau de jazz, qui est également joué dans l’épisode, une revisite délicieuse pour les oreilles.
Autre spécificité sympathique, les personnages n’y parlent pas le japonais standard mais en dialecte de Kyûshû. Le ton des années 60 est également bien respecté, avec la venue en rivaux d’un groupe copiant les Beatles.

Donc pour ma part j’ai été un peu déçue, mais peut-être suis-je maintenant trop vieille pour les intrigues amoureuses de lycée (bien que cela ne m’ait pas dérangée dans Nodame Cantabile (voir article) où c’était traité de façon plus drôle et moins niaiseuse, peut-être). A bien y penser, l’histoire qui m’a touchée le plus, c’est l’amitié tumultueuse des deux garçons, et peut-être est-ce celle qui compte le plus.

C’est un anime que j’oublierai vite, en comparaison aux bijoux que pouvaient être les susnommés Cowboy Bebop, Samurai Champloo ou Nodame Cantabile.

Allez, tout de même, un aperçu des talents de nos protagonistes, avec un medley de My Favorite Things (celle de Coltrane), Someday my prince will come (Miles Davis) et Moanin’ (Art Blakey & The Jazz Messengers).

Pour ceux que ça intéresserait, en tous cas, l’anime est disponible en streaming, et ce gratuitement, sur Dybex. (Source: Wikipedia)

Posté dans animation japonaise, manga, musique.

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