Le livre du thé

Le livre du Thé est un ouvrage aux multiples facettes, au style fluide, agréable et clair, qui m’a donné l’impression de lire à la fois un recueil de fables, un ouvrage sociologique et philosophique. L’auteur introduit le lecteur à l’art du Théïsme avec toute la subtilité que l’on peut attendre d’un adepte, et les sept chapitres aux thématiques bien différentes semblent naturellement liés par le fil conducteur qu’est le Théïsme.

Ainsi, le Livre du Thé constitue un moyen agréable de s’initier à la pensée japonaise, au travers de l’histoire d’un breuvage, certes mais surtout au travers de pensées, de poèmes ou de petites histoires ou anecdotes nous en apprenant plus sur le Taoïsme, le Zennisme, les Maîtres de Thé ou même la décoration japonaise dont la sobriété est explicitée.

Mais Le livre du thé est également une critique parfois assez acerbe de l’Homme, et surtout des occidentaux. Dans le premier chapitre, par exemple, il déplore l’étroitesse d’esprit et le manque d’efforts de compréhension que font les Occidentaux par rapports aux Orientaux. Il explique que l’Extrême-Orient a aussi eu des préjugés ridicules sur l’Occident, avec humour. Il compare la situation actuelle au mythe taoïste du Non-Commencement, dans lequel le ciel est fissuré. Pour l’auteur, ce ciel scindé en deux représente aujourd’hui la scission entre l’Occident et l’Orient et il souhaite que cesse cette dualité, que les deux pôles se complètent. Cela lui paraît idyllique, aussi  pense t-il que le thé constitue un moyen universel d’oublier cette utopie, car il permet de s’extasier de la beauté des choses simples et d’oublier les soucis du quotidien. Il cite d’ailleurs bon nombre de personnalités, d’esprits éclairés, qui, Orientaux ou Occidentaux, avaient en commun un goût prononcé pour le breuvage.

La critique à l’égard de l’Occident est compréhensible en cette époque de changements majeurs pour l’Asie, tiraillée entre traditions et modernisation. L’auteur craint que la culture millénaire si riche de son pays en soit ternie et c’est pourquoi il la défend, démontrant qu’elle est loin d’être étrange, excentrique ou barbare, mais subtile et pleine de nuances, comme autant de variétés et de façons de préparer le thé au fil des années, des courants de pensée et d’écoles.

Bref, un ouvrage que j’ai essayé de voir d’un oeil critique mais auquel je ne peux trouver qu’un seul réel défaut : sa brieveté.
Je n’ai pas vu passer le temps en lisant ce petit bijou de la littérature japonaise.

Fiche technique

Auteur : Okakura Kakuzo
Année : 1903
Genre : Philosophie, Histoire, Essai
Ma note : ♥♥♥♥ Je suis fan !

Posté dans japon, littérature.

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